Bilan et perspectives d'un confinement

Bilan et perspectives d'un confinement :

Ce confinement m'a permis de regarder un peu notre monde différemment, de faire des zooms, de changer mon regard sur certaines choses... 

 

Partie 1 : constat

Est ce que toi aussi tu as remarqué ?

1) Nous pouvons compter les un.e.s sur les autres: 

La nature humaine n'est peut être pas si mauvaise que ça

J'ai pu constater que l'on pouvait compter les un.e.s sur les autres, sur la solidarité, le collectif, le dévouement, l'entraide. J'ai eu la preuve que la nature humaine n'est pas aussi mauvaise que ce que l'on croyait, nous ne sommes pas si cupides et les « gens » ne sont pas si individualistes. 
Oui il y a de la peur ou de la haine, des gens qui voient une autre réalité, cherchent des boucs émissaires. Nous ne sommes pas encore tous et toutes capable d'analyser les causes de la misère(1) et de penser le changement.

Mais pendant cette pandémie, je suis content d'avoir pu voir comment la nature humaine peut être bonne. C'est peut être pour ça que j'ai choisi que tu sois mon ami., je me dis que qui que tu sois, je peux compter sur toi.

2) Ce sont les plus pauvres d'entre nous qui occupent les métiers essentiels à nos vies.

J'ai vu comment tient le pays, quels sont les métiers indispensables à nos vie. J'ai pu le constater, de nombreuses personnes sont essentiel.le.s, sans elles, tout s'arrête, l'économie se casse la figure et les services de base, les services essentiels ne sont plus assurés. Cette gestion de crise finalement, c'est nous, les personnes anonymes, ces gens qui pour certain.e.s "ne sont rien" qui l'avons réussie: nous avons géré cette situation de manière désintéressée et même souvent pour un salaire ridicule qui ne permet pas de vivre dignement tous les jours de l'année. Ce salaire qui ne nous protège pas d'avoir honte une fois de temps en temps. Et quand ce n'était pas pour un salaire ridicule, c'était bénévolement, avec ces mouvements de solidarité reposant sur de belles personnes pleines d'humanité . 

3) Nous avons fait de la politique: finalement c'est important la politique dans nos vies.

Pendant cette période, nous avons plus qu'à l'accoutumé, été confrontés aux conséquences de nos actes, à nos choix de vie : Notre situation amoureuse, nos enfants, notre logement, nos amis, mais nous avons aussi été en relation avec des personnes que nous n'avions pas l'habitude de côtoyer, ceci entraînant parfois des changements dans nos relations. 

Voilà comment le politique est venu me percuter.

Moi qui était habitué à ce que l'organisation sociale fonctionne toute seule, sans que je me pose trop de questions, que mon quotidien se répète, qu'il décide à ma place, j'ai eu depuis le début de cette pandémie à faire des choix, à prendre des décisions, à observer les autres face à ces mêmes choix, ces mêmes décisions. D'habitude je ne pense pas autant à tout ça, je laisse ma vie se dérouler. 

En cherchant des réponses face aux événements douloureux auxquels nous avons été confronté, j'ai pu comprendre que tout était lié: Nos conditions de travail, la situation des hôpitaux, des EHPAD, le manque de masques, les médias, le gouvernement, nos salaires, le prix de nos repas, la situation de celles et ceux qui meurent de faim dans la rue, la précarité de certain.e.s étudiant.e.s, les violences conjugales, les violences policières, ou encore les conditions de scolarisation de nos enfants, etc.. Tout est politique et tout est lié aux choix que nous faisons en fonction de notre vision, parfois inconsciente, et de notre rapport au monde. 

4) Nous avons su faire société : Finalement nous ne sommes peut être pas si divisés, si individualistes ?

Pendant cette période, nous avons fait société, par nos dévouements et notre solidarité. Aussi car nous n'avons pu faire autrement que de laisser de la place à des questions, que nous n'avions pas l'habitude de nous poser. Nous avons du sortir de nos habitudes de notre "zone de confort". Je ne sais pas pour toi mais moi j'ai l'impression de m'être émancipé un peu du carcan de la pensée dominante, d'habitude si rassurant, mais qui, j'en ai conscience aujourd'hui envahit ma vie au quotidien.

Oui, nous ne nous sommes pas contentés de respecter gentiment les consignes et les règles du gouvernement, d'être dociles et d'adapter les gestes barrière bêtement . Nous ne nous sommes pas contentés de croire et de répéter ce que nous racontaient les médias et les journaux.  Nous avons su aller chercher les informations, débattre, nous positionner. 

Pendant qu'on nous disait que les masques étaient inutiles le CHU de Grenoble en diffusait des modèles pour permettre à des milliers de citoyen.ne.s de se mettre à en fabriquer. 

C'est en faisant appel à notre libre arbitre, en prenant des initiatives, que nous avons su mettre en œuvre et développer des solidarités, nous avons su développer notre pouvoir d'agir, être acteur et actrice sur nos territoire et sur internet, nous avons su le faire collectivement, nous avons fait société aussi et par les actions collectives que nous avons su mettre en place, nous avons quelque part commencé à transformer la société.

5) Il y a des inégalités davantage dû à notre organisation sociale qu'à la nature humaine toutes ces inégalités ? (2)

Les classes populaires:

Nous n'avons bien entendu pas vécu le même confinement, moi j'ai un jardin, là où je suis, je sais pas où tu l'as vécu toi mais quand je pense à celles et ceux qui l'ont vécu enfermés à plusieurs dans des appartements, parfois sans balcon. Mais comment est-ce possible de vivre dans ces conditions ?

Les inégalités se retrouvent aussi dans les conditions de travail. Entre celles et ceux qui sont obligés d'aller travailler, de prendre les transports en commun, et les autres, celles et ceux, qui peuvent faire du télétravail, qui n'ont pas besoin de travailler, etc... 

En regardant ces inégalités de plus près, j'ai vue que les métiers les plus importants reposent sur les personnes les plus méprisées, la classe populaire, les bas salaires, des emplois précaires... 

J'ai compris que ce n'est pas un hasard si la Seine St Denis est à la fois le département le plus pauvre de France et le plus touché par le covid 19 Mais pas seulement par le covid 19. C'est aussi le département le plus touché par des morts suites a des interventions de police deux illustrations macabres des effets de ce qu'aujourd'hui je en peux plus appeler "des inégalités", ce sont des "dominations", des "oppressions" .

On a l'habitude de parler d'inégalités, mais les mots "oppression" et "domination" sont plus difficiles à utiliser. Pourtant, si parfois j'ai vu des inégalités ; en creusant, en analysant, j'ai surtout pu voir de la domination structurelle et des oppressions silencieuses.

Quelques textes :(en plus des liens dans le texte)

covid-19-une-epidemie-de-classe ?

covid-19-lami-des-dominants

Le-Covid-19-la-guerre-et-les-quartiers-populaires

le-covid-19-et-la-lutte-des-classes-de-nos-jours

violences policieres

violences policieres suite 
 

Les femmes :

Et puis, j'ai compris des choses sur la situation des femmes, la première c'est que de ma place d'homme c'est pas ce n'est pas facile d'en parler. 

La seconde c'est que l'écriture inclusive (épicène, neutre) c'est important parce que si le masculin l'emporte en grammaire, ça peut avoir des conséquences dans nos vies après... Mais attention à ce que ça ne devienne pas trop compliqué parce qu'on peut pas appeler une écriture inclusive une écriture qui exclue celles et ceux qui ne lisent pas bien le français. 

Puis j'ai compris de nombreuses autres choses. Les femmes sont trop nombreuses dans les métiers précaires et à temps partiel. Et c'est pas vraiment des choix, disons qu'elles choisissent parce qu'elles se soumettent à des pratiques normées de notre société. On éduque les femmes pour qu’elles prennent soin des autres. On leur apprend souvent qu’il faut faire des choses pour que les autres se sentent bien (souvent les hommes d’ailleurs). Parce que c’est la même chose qui fait que les femmes s’occupent de la charge mentale, du bénévolat, des taff d’aide soignante, femme de ménage, infirmière… C’est cette culture du care. De là découle les métiers stéréotypés féminin, qui du coup sont moins payés et plus précaires. Je pense que ça joue aussi dans les violences conjugales où certaines peuvent se sentir en échec dans cette mission d’intérêt commun qu’on leur a donné à elle et leurs sœurs. 

Depuis le début de la pandémie c'est pire encore, elles sont surexploitées, en première ligne des métiers du soin (care), de la vente et de l'accueil (caissières, hôtesses, etc...). J'ai vue qu'elles étaient majoritaires parmi celles et ceux qui ont pris des risques pour aller travailler.  Mais comme si ça ne suffisait pas, elles sont aussi responsables de la maison, de l'éducation des enfants, etc... portant toute la charge mentale sur leurs épaules. Pourtant elles sont invisibilisées dans la sphère politico-médiatique, on ne relaie que très peu leurs paroles, et je me demande même si notre société ne leur apprendrait pas à lse taire depuis qu'elles sont toutes petites, au point qu'elles ont intériorisé de laisser la parole aux hommes. 

Pendant ce confinement, on a parlé de violences conjugales aussi, il y a eu encore plus de féminicides que d'habitude, je trouve ça horrible une société dans laquelle des hommes violent ou tuent leurs femmes. Heureusement des associations de femmes font un travail super et bénévolement, quasiment sans aucune aide des institutions. Mais malgré tout, il y a des femmes assassinées, frappées, violées, menacées par leurs maris et parfois devant leurs enfants.

N'oublions pas les travailleuses du sexe qui pendant cette période sont en grand danger.

Quelques textes : (en plus des liens dans le texte)

La-precarite-des-femmes-sur-le-marche-du-travail

Inégalite_Femmes_Hommes_a travail 

Les personnes racisées et colonisées.

Attention je parle ici de race sociale. Il n'y a bien entendu pas de race biologique. Cependant "éliminer le mot "race" n'en élimine pas les effet". Et il y a bien des personnes qui sont vues par la pensée dominante comme appartenant à une race différente, des personnes racisées (les noirs et les arabes par exemple). Ici j'utilise le mot race comme une catégorie sociale, le genre ou la classe.

En première ligne, nous trouvons aussi les personnes racisé.e.s (vigiles, chauffeurs, livreurs, ouvriers du BTP). Malheureusement sous couvert d'antiracisme les statistiques raciales sont interdites ne permettant pas de constater et donc d'analyser- comme pour les femmes- les oppressions et dominations que subissent les personnes racisées.

Finalement ce sont les plus opprimé.e.s, celles et ceux qui subissent les dominations de classe, de genre, et de race (les pauvres, les femmes et les personnes racisées) qui ont majoritairement lutté dans cette « guerre » ils, elles, ont dû se battre: contre le virus, pour nous permettre de vivre, contre l'état, pour la leur, contre ces oppressions silencieuses, etc...

Comment parler de personnes racisées sans parler de colonisation ? 

D'abord parce que la colonisation est à l'origine de l'existance de la population française racisée Ensuite parce que nos quartiers populaires sont des colonies de l'intérieur. Et nos territoires d'outre mer d'ailleurs des néocolonies.

Prenons l'exemple de la Guyane Française (minute 12 à 16).

Cette situation n'est pas sans rappeler que la Guyane est une néo-colonie fragile et dépendante de l'état Français. 

80% de l'alimentation est importé, Il y a des risques des ruptures en alimentation. 

L'offre de soin n'est pas égale sur l'ensemble de ce territoire, les hôpitaux ne sont pas présent partout. 

La manière dont sont organisé les villages traditionnels Amérindiens et Bushiningués rend le confinement impossible. Les capitaines et chefs coutumiers ont du prendre avec les populations, des mesures de quarantaine pour se protéger.

Le bouleversement brutal et rapide des modes de vie a énormément fragilisé ces populations. Heureusement que le territoire est protégé par sa difficulté d'accès. Il semble que pour l'instant nous soyons passé à côté de ce génocide. 

Et comme si ça ne suffisait pas, en pleine pandémie, un nouveau projet de mine à ciel ouvert de la compagnie minière française Espérance (CME) et du groupe minier américain Newmont vient d'être accepté par le gouvernement français.

stopcontroleaufacies/videos

mort interventin police/

désarmons les 
 

6) La politique du gouvernement est dépolitisée: 

Les choix politiques et les décisions des personnes qui nous gouvernent ont des conséquences sur nos vies. J'ai pu aussi me rendre compte dans quelle mesure l'intime est politique et à quel point mon corps et ma vie sont conditionnés par celui-ci dans les choix qui nous sont imposés. 

Les gouvernements nous imposent leurs choix politique en prétendant que c'est la seule solution comme si c'était une fatalité ou une obligation, du bon sens ou de la logique. Mais non ce n'est que leur vision politique qui correspond à leur projet de société. Alors que d'autres solutions sont envisageable. 

Par exemple ils nous ont imposé ce confinement, devenu d'après eux nécessaire (du fait de leur mauvaise gestion de la situation). Sans nous dire la vérité sur les masques sans nous dire qu'il y aurait pu y avoir d'autres méthodes que le confinement et les raisons pour lesquels ils ont choisi celle là. Puis ils imposent un dé-confinement qui me semble être guidé davantage par des préoccupations économiques que par des objectifs de santé publique. Et encore une fois sans l'assumer.

Les choix politiques qu'ils font ne sont pas neutres ils ne tombent pas sous le sens et ils sont liés, me semble t il à des intérêts économiques de classes à un projet de société libérale qui garantie leurs privilèges.

Ils nous les imposent aussi sous prétexte de sécurité leur rapport à l'ordre, à la discipline et à la répression. D'autant qu'ils disposent de nombreux moyens pour exercer ce pouvoir de coercition. A commencer par la constitution de la 5ème république, mais aussi avec touts les outils de répression et de surveillance, etc.. Et c'est pareil avec STOP COVID, l'application de contrôle et de surveillance. Là encore il y a d'autres manières possibles de voir les choses, mais elle est présenté comme étant la seule solution valable. 

Devenir-des-robots-pour-echapper-au-virus

la-crise-sanitaire-ne-justifie-pas-dimposer-les-technologies-de-surveillance

stopcovid-est-un-projet-desastreux-pilote-par-des-apprentis-sorciers
 

7) Des médias sont "aux ordres" : Finalement l'information n'est peut être pas si neutre que ça
 

J'ai pu remarquer que les médias ne sont pas neutres (personne n'est neutre d'ailleurs), les rédactions ont une ligne éditoriale. Aux côté de l'état, pour défendre cette grosse machine économique, pour tenter de nous empêcher de voir et d'analyser la situation et pour dépolitiser les débats, nous trouvons plusieurs médias, complices, diffusant la pensée dominante à longueur de journée, pour que marche la « fabrique du consentement ». Les présentateurs télé comme Yves Calvi ou Pascal Praud (pour ne citer qu'eux) n'ont aucune légitimité à imposer leur vision des choses, à autant de téléspectateurs, invitant des "experts" (qui ne sont pas neutres non plus) à leurs émissions, ils polluent nos esprits avec leur pensée dominante.

Ces "nouveaux chiens de garde" ont des intérêts tout comme leurs patrons ces riches familles de milliardaires, à ce que le monde ne change pas, à ce que les dominés restent dominés.

Ils n'en veulent pas de ce "Monde d'Après". Il veulent garder le monde

d'avant: cette économie libérale et cette démocratie des urnes, qui leur permet de garder leurs privilèges, leurs positions de pouvoir. 

Pour garantir le maintient de leur système, ils sont d'ailleurs prêts dés que possible à discréditer toutes celles et ceux qui tenteront de déstabiliser l'ordre en place. Comme ils l'ont fait avec les Gilets Jaunes, ils sont déjà prêts à sauter sur les soignants ("les pleurnicheries de l’hôpital") qui voudront revendiquer plus de moyens.

A-quoi-ressemble-une-matinee-de-mobilisation sociale dans les médias

La pedagogie-a-coups-de marteaux sus à l 'hopital publique

Cadeau-les-Mediacritiques-no33-et-34-en-acces


Partie 2 : le choix 

Alors voilà maintenant qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? 

A la sortie de ce confinement, tous et toutes (nous) vivons quelque chose de spécial de particulier.

Cette période est difficile pour tout le monde, nous savons que quelque chose est en train de changer, l'humanité est mise face à son destin. L'atmosphère est spéciale, je pourrais me laisser bercer par la situation, faire comme d'habitude retourner à ma vie... mais, mais je sens bien ce flottement, tout n'est plus aussi évident qu'avant, une brèche s'est ouverte, cette pandémie a freiné la machine, mis de nombreuses choses en évidence, créé du doute, des incertitudes, peut être même des opportunités, mais pour tous et toutes une même question... Quel Monde Après ? 

Je pense qu'il n'y a deux chemins possible : 

  • Relancer la machine : Le chemin de celles et ceux prêt à tout pour retourner à « l'anormal » relancer l'économie, la croissance, détruire le vivant pour produire des « richesses »

Ou 

  • Construire Le Monde d'Après : Celui de celles et ceux qui veulent que ce monde là cesse, ! reconstruire un monde juste, où, vivre dignement n'est plus une lutte mais un droit légitime, où l'harmonie avec le vivant n'est plus une option mais une responsabilité collective, où les rapports de dominations structurels ne sont plus.

 

Ces deux chemins ne peuvent co-exister, il va falloir choisir entre les deux: 

Avant de choisir, je sais pas pour toi mais moi j'aimerais explorer un peu les règles de ce jeu bizarre, cette économie libérale, ce système capitaliste qui permet au monde de fonctionner. 

Que nous propose-t-il concrètement pour la suite ? 
 

Partie 3 : hypothèses

1) Que se passe-t-il ? si nos gouvernements mettent des millions pour sauver les banques, les multinationales et les marchés comme en 2008 ?  

Nous devrons rembourser la dette avec nos impôts. Rembourser ces sommes versées à des entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires. Dividendes qu'ils "mériteraient" pour avoir pris le risque d'investir*?

Mais Quel risque ? 
Quand on prend un risque, on risque qu'il nous arrive quelque chose, ils ont pris le risque de quoi ? 

Si ce sont eux qui sont récompensés pour avoir pris des risques, pourquoi devrions-nous payer pour les conséquences de cette situation, avec nos impôts, notre force de travail, nos réductions de salaire ?

Et là encore ce seront les plus pauvres d'entre nous qui comme pour la crise sanitaire seront en première ligne.

Pour les citoyen.ne.s l'état préfère passer des loi plutôt que de faire appel au civisme mais pour les entre entreprises c'est le contraire

« Alors qu’un projet de loi avait été envisagé pour encadrer législativement le versement des dividendes, c’est finalement un appel au « sens civique » des entreprises qui a été préféré par les services de Bercy. » 


2) Pourquoi devrions nous supporter des politiques d'austérités au lieu de mettre nos impôts au service d'une meilleure vie pour tous et toutes 

Pourquoi devrions nous payer pour rembourser une dette qui n'est pas de notre responsabilité. Es-tu prêt toi, à accepter ça, de travailler davantage ? de voir disparaître les lois qui protègent les salarié.e.s sous prétexte de flexibilité ? de réduire ton salaire pour diminuer les coûts, d'augmenter ton temps de travail pour d'avantage de productivité, qu'ils privatisent et donc fassent disparaître nos services publiques, la sécurité sociale, la retraite et le chômage. 


Moi qui travaille dans le social, j'ai peur que les structures du social qui survivront n'aient pas assez de moyens pour aller au delà du minimum: nous nous limiterons à permettre aux opprimés de mieux vivre leurs misères, parfois nous seront même obligés de contribuer à "acheter de paix sociale".

Je pense qu'ils vont utiliser la crise du COVID-19 comme prétexte à des politiques d'austérités sans limites. Pendant ce temps ils continueront à faire tourner cette machine économique avec les mêmes règles, les lois du marchés, le capitalisme et ses règles complexes qui font que quoi qu'il arrive nous travaillons et ils s'enrichissent de dividendes.

S'il y a des sacrifices à faire, s'il faut se serrer la ceinture, ne serait-ce pas à ceux à qui la situation profite quand tout va bien de supporter le poids de ces crises ? 

Austerite-hopital-reduction-depenses-publiques-historique-lois-soins-sante

Les-milliardaires-francais-plus-ultra-riches-que-jamais

nouveau-rapport-doxfam-sur-les-inegalites-mondiales/


3) Qui prends des risques et qui mérite des dividendes ?

En parlant de risques, avec ces crises, certain.e.s d'entre nous sont en train de prendre de vrais risques et ont déjà perdu beaucoup. Leur logement, leur travail, leur santé, leur dignité, le respect d'eux même, un proche, la vie. Oui, c'est nous qui sommes en ce moment en train de risquer nos vies pour tenter de contenir ceS criseS  (Sanitaires, Economiques, Climatiques,... ). 

Quels seront nos nos dividendes, qu'auront-nous "mérité" ? 


4) Que se passerait il si on ne sauvait pas les banques et les multinationales ?

Mais quels genres de risques prennent-ils ? si même quand il y a une pandémie mondiale les marchés doivent continuer à les rassurer sous prétexte de...
.... On ne sait pas, ce qui se passe si on ne les sauve pas ?  un crash mondial, le KO Mad Max ? quoi ? 
J'ai entendu parler d'autres solutions et encore d'autres puis d'autres et d'autres 

5) Que risque-t-on si nous décidons de changer les règles ?

Dans notre monde, il n'est déjà vraiment pas simple de se sentir bien, de profiter de sa vie avec dignité, nous sommes réduits à l'état de travailleurs / consommateurs. Les actionnaires veulent toujours plus de profits ce qui implique, plus de production, plus de déchets, plus de pollution, plus de pauvreté, plus de violences, plus de politiques sécuritaires, moins de liberté...   Si on fait d'autres choix politiques, qu’on applique d'autres règles économiques, qu’on crée une autre organisation sociale, qu'est ce qui pourrait être pire que cet avenir qu'on nous promet ?

Nous pourrions continuer jusqu'à la mort programmée de notre vie sur terre à vivre dans ce monde encore plus dur pour celles et ceux qui sont nés sous la mauvaise étoile

La machine a ralenti le temps de nous permettre tous ces constats. Elle ne demande qu'à repartir, sauf si nous continuons de l'arrêter pour réfléchir... Choisir un autre chemin...


Partie 4 : choisir son camp 

Peut être n'est ce pas seulement son chemin qu'il faut choisir,  

mais aussi son camp ?

Être du côté des oppresseurs ou du côté des opprimés ? Non, je ne suis pas manichéen ? J'arrive à cette conclusion en prenant les problèmes à la racine, en analysant les situations.

« Leurs miettes on en veut plus ! »

Les causes de la misère ne sont pas à chercher dans une soit disant nature humaine qui serait mauvaise et individualiste non, elles sont dans l'organisation sociale que nous subissons, la politique mises en place malgré nous et contre nous.

Cette politique qui consiste à 
1) Extraire des matières premières 
2) Nous les faire transformer 
3) Nous les faire consommer 
4) Faire du profit.

Ceux qui sont au pouvoir ne vont pas laisser leurs pouvoirs et leurs privilèges gentiment par altruisme, ils ne renonceront pas à cette organisation politique qu'est le capitalisme. Ils n'accepterons pas la mise en place de lois qui les empêchent de détruire toujours plus pour gagner toujours plus. Soit-disant parce que ça serait contre la liberté mais …

Ils confondent la liberté de vivre dignement et la liberté de faire des profits. 

Ils confondent la propriété individuelle et celle des moyens de production. 

Au sortir de ce confinement le conflit commence, c'est quoi ton camp ? 

Être neutre dans une situation de conflit c'est être du côté de l'oppresseur, ici en l’occurrence c'est être du côté de ceux qui en profitent, qui bénéficient de cette organisation structurelle de la société, du capitalisme.

Faire du yoga, être Vegan, ou ne pas vouloir faire d'enfant (nous aurions pu prendre 1000 autres exemples de pratiques individuelles « conscientes ») peut avoir du sens ce peut être une colonne vertébrale ou un des piliers de notre vie, cependant, ça ne permet pas de transformer la société, de lutter contre les oppressions, contre la structuration sociale.

Lorsqu'on se retrouve témoin d'une agression, je ne suis pas sûr que la spiritualité soit la meilleur manière de défendre les valeurs de paix et d'amour. 

Si on n'intervient pas, on est du côté de l'agresseur !

Partie 5 : #onyretournepas

Après ces réflexions, tous ces liens regardés, moi j'ai choisi mon camp celui d'un Monde d'après différent:

Et toi tu en penses quoi ? 
 

Allez viens ! #onyretournepas ! DECIDONS d'arrêter d'obéir !

A partir de maintenant ne comptons plus que sur nous même. Continuons de nous organiser comme nous l'avons fait depuis le début du confinement.
Décidons de désobéir et de prendre nous même soin des personnes les plus fragiles, les plus démunies, les plus frappées par le covid-19, mais aussi par toutes les autres situations aussi injustes. Les conséquences de la pauvreté, les conséquences du capitalisme devrais je dire.

On pourrait aller aider les associations, les collectifs, les citoyens, participer aux initiatives qui vont dans le sens de la solidarité. Les réseaux d'entraides existent ce sont de bons point de pivot, des portes d'entrées pour de nouvelles personnes voulant s'engager. 
 

Mais ne traitons pas que les symptômes, n'oublions pas les causes. Ne nous contentons pas de l'entraide, luttons. 


Oui, soyons ensemble de toutes les luttes sociales, bien-sûr parmi "bas les masques" et les autres collectifs de soignant.e.s, mais aussi derrière toutes les autres initiatives : 

Parmi les bastamag.net/Un…-pandemie?nbsp; pour tenter de construire un monde meilleur,  viens on y retourne pas, on arrête d’obéir.

Continuons de stopper l'activité économique et la croissance dévastatrice. 
Refusons de continuer à sacrifier NOS fonctionnaires (oui ils sont au service du peuple et non de l'état).
Ne mettons pas nos enfants à l'école ce n'est pas la garderie du MEDEF, elles ne doivent pas être pris en otage pour sauver l'économie et relancer la croissance. 
N'envoyons pas nos enseignants se sacrifier comme l'ont fait nos soignants.
Soutenons tous les salarié.e.s qui voudront refuser le travail inutile.
Refusons de continuer à faire tourner cette économie dévastatrice.
Refusons de travailler toujours plus.
Refusons de perdre nos biens communs pendant que d'autres s'enrichissent sans limites.

Décidons ensemble, sans consignes, sans injonctions, entre nous, des écoles et des entreprises qui ouvriront ou pas
 

....... Et décidons du reste aussi.


Arrêtons d'obéir ! Prenons les places de nos villes et nos villages pour nous organiser, pour nous soutenir, nous entraider, et construire ce nouveau monde. 



Les solidarités renforcent nos luttes, développons notre pouvoir d'agir,
conscientisons toujours plus les rapports de dominations, transformons la société !
Déterminé ensemble gagnons le rapport de force ! Obligeons les à nous considérer !

 

Partie 6 : « Vous » oui vous qui protégez vos intérêts en protégeant cette politique 

vous qui nous manquez de considération à longueur de temps,
vous qui utilisez la télé et les journaux pour imposer votre vision du monde,
nous ne sommes plus dupes, la nature humaine responsable de l'état du monde

C'est votre politique qui en est responsable !
vous qui protégez vos intérêts en protégeant cette politique
Vous plierez dans ce rapport de force !


Ensemble On peut se passer de vous !

On peut arrêter de baisser la tête, refuser vos injonctions contradictoires,
Refuser de subir vos choix et votre politique comme s'ils étaient les seuls possibles.
Ce n'est plus possible de laisser mourir les plus fragiles sous couvert de règles économiques,
de regarder la pollution structurelle de votre industrie détruire l'espérance de vie humaine sur terre.

Voir que vous vous préparer à nous imposer vos politiques austéritaires, comme seule solution à cette crise ne peut que renforcer ce sentiment de rejet :

Démissionnez !

Nous économiserons l'argent de vos salaires, de vos conseillers, de vos bureaux, de vos frais de bouche, voitures, avions, chauffeurs et autres caviardises.
Nous pourrons le consacrer à d'autres budgets : notre éducation, notre santé, notre habitat, notre agriculture, notre culture, nos loisirs, la dignité de nos vies.

Renoncez à vos privilèges, rendez vos sièges rendez l'antenne, abandonnez vos multinationales

mais n'oubliez pas de passer par la case procès :

venez répondre de vos actes, assumer vos responsabilités, les conséquences de vos choix, de vos décisions.

Vous tenterez surement de nous expliquer en quoi il était impossible de changer le monde, de le rendre plus juste et de renoncer aux privilèges hérités.


 

Allez viens #onyretournepas ! Partons construire le Monde d'Après

Et si pour nous en empêcher, ils nous envoient les forces de l'ordre
Ce ne sera pas pour protéger les valeurs de la république.
Ce sera pour protéger un état au service du capitalisme.
Ce sera pour préserver leurs privilèges.


Un citoyen militant
 

 

 

Notes de bas de page :

1 "La plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l'indigence à ce suprême degré d'abaissement, où l'Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donné."
1788  - Arras, déclaration du candidat Robespierre aux Etats-généraux (Tiers)

2 Benelli Natalie, « Elsa Dorlin : Sexe, race, classe, pour une épistémologie de la domination », Nouvelles Questions Féministes, 2010/3 (Vol. 29), p. 110-113. DOI : 10.3917/nqf.293.0110. URL : https://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2010-3-page-110.htm 

 

Le Monde d'Après
2 1